L’égalité filles – garçons, un projet citoyen à construire.

Au cours de l’année, un projet autour de l’égalité filles-garçons a été mené conjointement avec la professeure documentaliste, Mme Bourlez, l’infirmière, Mme Depierre, et une enseignante de PSE, Mme Blondet. Elles ont organisé une série d’actions autour des inégalités entre les filles et les garçons et de prévention de la violence. Autant d’occasion de découvrir des faits sociaux et de s’initier à la citoyenneté en débattant en classe.

Par Mme Blondet

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Un des kakémono de l’expo quizz du Moutard

Expo ? Quiz : égalité filles-garçons, parlons-en !

Une exposition a été installée deux semaines au CDI : « Expo ? Quiz : égalité filles-garçons, parlons-en ! ». Les classes de seconde et des classes de CAP l’ont explorée durant une heure en compagnie de la documentaliste, de professeurs, de l’infirmière. Autant dire que les questions ne devaient pas rester sans réponses ! Des questions, il y en avait d’autant plus que les panneaux qui abordaient les principaux thèmes étaient très forts et touchaient les préoccupations des élèves qu’ils soient filles ou garçons. Les dessins attiraient l’œil, ensuite on entrait dans la lecture et on pouvait commencer à réfléchir à l’aide d’un Quiz. A partir de là, on avait envie de discuter, d’approfondir ou de débattre. Nous sommes allés nous documenter, chercher des informations complémentaires.

 

 

L’association Fil’action est venue nous aider à approfondir des sujets douloureux

« Fil’Action » a appréhendé avec les élèves un sujet plus précis : les violences dans les relations amoureuses. Le sujet est délicat mais très important. Plus largement, les questions de respect et d’égalité entre les sexes ont été évoqués tout au long de l’intervention.

En amont, la personne de l’association a fourni un questionnaire permettant aux élèves d’exprimer leurs idées et points de vue. Fil’Action ne souhaite pas esquiver les représentations des élèves, elle les place au cœur du montage au fil des deux heures d’interventions.

Au début ont été posées des règles de prise de parole afin que les échanges soient cordiaux et enrichissants pour tous. Ensuite l’intervenante a exposé des faits comme par exemple qu’une personne meure tous les trois jours à cause de violences dans une relation amoureuse ou encore qu’une femme sur dix est victime de violences conjugales, mais également que ce phénomène touche des hommes, bien qu’il y ait davantage de femmes victimes. Par l’échange, des informations ont pu émerger. Les violences ne se limitent pas à une tranche d’âge ou un niveau social, il y a une différence entre dispute et violence. Cette dernière peut être morale, verbale, physique. Les élèves ont mesuré les limites et échangé après avoir visionné un film qui présente ces situations.

« Il est jaloux d’un mauvais côté ».

Le film présente une situation où un homme jaloux veut contrôler la manière dont son amie s’habille et finit par devenir violent. Cet homme veut également contrôler toutes les communications de son amie, il détruit tout l’espace privé de sa compagne, l’insulte, l’humilie et finalement plonge dans la violence.

La confiance dans un couple ?

Trois propositions de réponses ont été formulées par les élèves : « il s’agit d’un partage » pour certains, ou bien « quand on se met avec quelqu’un on a confiance à 100 % au départ, si la personne fait une erreur elle diminuera », et pour d’autres, au contraire la confiance vient « en donnant des preuves d’attention et d’amour au quotidien ».

L’insulte : « c’est un délire » ou « ça dépend de la réaction de la personne, du type d’insultes, de l’humeur » ?

Aux vues des réponses, l’accent a été mis sur le fait qu’on peut blesser des gens que l’on aime en adoptant ce genre d’attitude. Il faut donc faire attention aux mots employés. Les élèves ont alors pris conscience que de nombreuses insultes visent les mères et donc plus généralement des femmes.

Le cas des humiliations à répétition lors du court métrage a, par la suite, été abordé. Les élèves ont relevé qu’elle « perd confiance en elle » et se sont demandés « pourquoi elle ne le quitte pas ? », des camarades ont répondu à cette interrogation : « car elle a peur ou peut-être qu’il l’aide financièrement ». Il a été conclu que « petit à petit on croit ce qu’on nous répète et on accepte ce qui nous est dit ». Un phénomène d’emprise est créé par toutes ces violences.

Suite à ces échanges, deux fins différentes sont proposées aux élèves 

La première fin, met en scène le garçon rabaissant encore plus sa copine et il lui demande de faire à manger. Les élèves ont réagi à cela en disant qu’il ne s’agissait « plus du tout d’une relation à égalité ». « Il n’y a plus du tout de dialogue, il la domine. » Les élèves eux-mêmes ont relevé qu’il était nécessaire de « travailler sur les idées reçues ».

Dans la seconde fin possible, la fille met fin à tout cela, ne supportant plus les remarques de son copain elle lui pose un ultimatum : soit il change, soit c’est fini entre eux. Celui-ci a alors une réflexion sexiste et elle décide de le quitter. Les élèves ont observé que celui-ci est « choqué au début, mais ensuite il ne la respecte plus de nouveau ».

Avant de terminer la séance, l’intervenante a donné aux élèves le numéro national gratuit qu’il est possible d’appeler pour des violences faites aux femmes, le 3919. Différentes brochures d’associations et de prévention étaient également à leur disposition.

Après l’intervention, la réflexion se poursuit

Jaloux, moi ?

Si on en croit les questionnaires qui ont suivi la série d’actions menées, les représentations ont changé mais tout de même lorsque l’on vit en couple, sortir seul.e pour voir des amis, c’est compliqué, ne pas être jaloux et intrusif n’est pas si facile. Il y a des limites bien plus claires qu’avant l’intervention.

Métiers d’hommes ?

Certains élèves ont été surpris que des hommes puissent être sages-femmes et des femmes ingénieurs dans le bâtiment. Pour d’autres, au contraire, cela est tout à fait normal. Différents arguments ont alors été avancés : pour ceux en désaccord, il est inenvisageable qu’un homme s’occupe de l’accouchement d’une femme. Les femmes parce qu’elles le sont seraient-elles meilleures ou auraient-elles envie de faire ce métier plus qu’un homme ? Et pourquoi un homme serait un bon obstétricien et pas un bon sage-homme ? Quel casse-tête !

« Pour quelle(s) raison(s) n’y-a-t-il pas plus de filles dans les filières du bâtiment. » ? Pour certains, il est évident que ce ne sont pas « des métiers pour les filles » qu’il faut une certaine force physique et les filles ne l’aurait pas. Un argument difficile à tenir lorsque l’on examine la main d’œuvre sur les chantiers polonais. Pour d’autres, il pourrait s’agir de choix dus à des discours entendus depuis toujours, répété continuellement : les métiers du bâtiment ne sont pas pour les filles. Du coup, il ne faut pas s’étonner que les filles s’en détournent.

Lycée d’hommes ?

Nous avons élargi la question et nous nous sommes intéressés à ce que les garçons pensent de l’absence de filles dans le lycée : « Les filles au lycée il n’y en a pas beaucoup et nous les garçons on aimerait qu’il y ait plus de filles car on a l’impression d’être dans une prison ».

Sommes-nous en plein paradoxe ? A en croire les élèves, il y aurait des différences entre filles et garçons bien encombrantes et génératrices d’ennuyeuses solitudes.

Notre déléguée CVL avait donc peut-être bien raison de proposer d’en parler tout au long du cycle et de continuer, d’intensifier les actions.

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