Armen , du Bac TBEE au Cinéma,

Armen est venu nous voir. Il s’est métamorphosé depuis juin dernier. Il pétille, il est heureux, il a trouvé sa voie…. C’est pas du tout ce à quoi on s’attendait ! Et oui, parfois, on fait autre chose, tout en se servant du métier que l’on a appris.

Récit d’Armen, un homme heureux.

 

Je n’y suis pas allé…

J’ai postulé en BTS à la Martinière. En fait, j’avais passé le concours d’une école qui forme des techniciens du cinéma, Cinéfabrique. J’ai été pris. Au départ, je n’avais aucune idée, je ne savais pas si j’avais une chance ou non de l’avoir donc c’était rassurant de savoir que j’étais pris à la Martinière.  Je n’y suis pas allé. J’avais plus envie.

 Je faisais de la bit box et de la musique par ordinateur depuis longtemps. En terminale, j’ai croisé une personne qui travaillait sur un concours qui s’appelle « 48 heures de cinéma ». Pendant 48 heures, on doit faire entièrement un court métrage. On doit être en équipe pour se présenter. J’ai intégré l’équipe en temps que compositeur et perchman. C’était en  novembre. J’ai participé pour faire une expérience, pas pour gagner. J’ai aimé l’ambiance, la liberté qu’on avait. Chacun amenait ses idées et toutes ces idées allaient ensemble pour présenter quelque chose au public. Le cinéma porte des idées et participe à modifier le monde. Moi, j’aimerais changer le monde pour faire le bien. J’aime l’idée que ce que je fais puisse influencer et faire réfléchir.

… je suis allé à Cinéfabrique…

 Cinéfabrique existe depuis deux ans, elle se situe à Grange Blanche. On est trente en tout et six par section, il y a actuellement soixante personnes dans l’école. Le concours consiste en un questionnaire, là il y a trois cents personnes qui ont réussi sur mille. A la seconde étape, nous avions des perches et des enregistreurs et on devait en deux heures construire une ambiance sonore. J’avais pris une option son. Il y a plusieurs options : son, image, scénario, montage. Les études durent trois ans, la première année on tourne sur tous les postes, à partir de la seconde, on se spécialise et en troisième année on travaille en alternance. Par ailleurs, les élèves sont inscrits en DU (diplôme universitaire) à Lyon II.

Tout le monde est très motivé, c’est plus que de la motivation !

C’est pas du tout un problème de venir du lycée professionnel. Ce que défend l’école, c’est que tout le monde puisse accéder aux métiers du cinéma. Il s’agit de proposer de nouvelles choses .  Je pense que je suis le seul bac pro, il y a des gens qui ont des bacs généraux, des gens qui ont déjà travaillé.  Tout le monde est très motivé, c’est plus que de la motivation.  Pendant la semaine, on a trois heures d’anglais, le vendredi on est en fac et le reste du temps on a des cours techniques et on fait des projets. On commence avec de la pratique puis on passe au théorique. On doit faire des projets personnels. A partir de demain, je suis perchman.  J’ai fait deux projets finis, un documentaire et une adaptation de BD. Le documentaire s’appelle  médecin légiste  et montre le travail des « croque – morts ». J’ai essayé de faire le portrait du médecin  sans jamais montrer les corps. L’adaptation de « page blanche » une bande dessinée de.. je me souviens plus, c’était bien mais moins bien. J’avais pas choisi. La bande dessinée était la même pour tous les groupes , on était trois groupes de dix personnes, elles- mêmes groupées en binômes. A la fin, il y avait quinze courts métrages. Ce qui était intéressant était de travailler en binôme, on complète les idées, on ne part pas dans des fausses pistes. Les propositions des autres groupes étaient intéressantes. On a pu faire un maximum de postes et on devait être actif tout le temps sans déranger les autres.

C’est ce qui est romantique dans le cinéma, on n’ a pas le temps de téléphoner, pas le temps de se nourrir, pas le temps de faire autre chose que de se consacrer 100% au projet.

Le Bac pro me sert beaucoup.

L’économie de la production m’a appris à compter, prévoir, savoir comment prévoir des outils, gérer les besoins. J’ai pas perdu mon temps à Cuzin, j’ai acquis des connaissances qui vont m’être très utiles dans la vie.  J’aime le cinéma expérimental, je veux inventer. Chris Marker et la lettre de Sibérie, ça m’est utile maintenant, pour faire du cinéma et bien on l’a étudiée en français en bac pro.

J’ai de bons souvenirs

Les bons souvenirs : les études, l’ambiance dans la classe. Les blagues partaient dans toutes les directions mais l’ambiance était vraiment amicale. On est un peu parti dans tous les sens après le bac, il faudrait faire une rencontre pour se retrouver.

La pédagogie c’est difficile, je le savais mais là, j’en suis sûr

J’ai fait un atelier d’éducation à l’image avec des enfants de neuf ans en CE2 et il fallait leur apprendre ce qu’est une caméra, un son. J’ai essayé de leur montrer qu’il fallait qu’ils oublient leur individualité pour réagir en groupe et faire silence. Au tableau, j’ai fait des carrés et j’ai dit : « vous êtes ensemble dans un grand bateau  et on fait des traits si quelqu’un parle, si vous voulez jouer au foot après, il ne faut pas qu’il y ait des traits dans votre équipe ».   Ils ont joué au foot mais ils ont mis du temps à apprendre et j’avais envie d’être sévère….(rire) J’ai l’impression d’avoir « été appris » par les enfants. Ils font des pitchs dès qu’ils racontent des histoires et j’ai appris à me comporter en adulte avec des petits, c’est pas si simple.

Bref, je fais ce que j’avais vraiment envie de faire, ça rend heureux !

Une proposition de premier film pour Armen ! De Myriam, Morgane et Elie

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