Abdel Sefsaf et son équipe font tomber les murs au théâtre de la Croix-Rousse (Timon)

A partir du 15 novembre 2016, le théâtre de la Croix-Rousse a accueilli Murs,  un spectacle d’Abdel Sefsaf et Jérôme Richer avec Marion Guerrero, Toma Roche, Nestor Kéa, Nine d’Urso. Les terminales AFB, ORGO, TISEC et les élèves de première TBEE sont allés voir le spectacle jeudi 16 novembre.

Un article  d’Eric, Diego, Matthias, Timon, Jason, Raphael, Iliès, Kévin B, Julien, Morgane, Bastien, Loris, Valentin, William, Ayrton, Kévin F.

Photographie de Bruno Amsellem

Photographie de Bruno Amsellem

Les murs de Cuzin se déplacent (Eric)

Iliès était très content d’aller au théâtre, il avait beaucoup aimé faire du théâtre en seconde avec Colin Rey.  Il était impatient de voir les comédiens parce qu’il est en 1TBEE et va bientôt travailler avec eux. Loris était aux anges, même Sinan était là, en guest star avec un tee-shirt smile très élégant.  Morgane et Smain fêtaient leur présence après deux années de bouderie des sorties. Madame Rosenfeld était passablement agacée par l’attitude de certains mais tout à fait heureuse du  sérieux d’autres.  Valentin est inquiet que ce soit la dernière sortie, William explique que l’excitation était au rendez-vous et que la faute en incombe à la joie. La joyeuse troupe a rejoint les autres classes dans la salle comble.

Un début surprenant et déstabilisant

Au début du spectacle, les comédiens se regroupent devant la scène, devant une rangée de crânes décorés comme dans la fête des morts au  Mexique. Pour Iliès, on pouvait aussi penser à d’autres morts, ceux de la Seconde Guerre Mondiale par exemple. Toma Roche commente des panneaux de sécurité en cas d’attaque terroriste, c’ est pas rassurant mais il utilise l’humour. Ensuite, il tente de rassurer le public en expliquant qu’il y a des caméras partout et qu’il y a des hommes armés pour protéger les spectateurs. Il explique sur un ton « rassurant » qu’en cas d’attaque, tout le monde sera enfermé dans le théâtre. L’humour est un peu grinçant. Diego ne savait pas ce qu’il fallait en penser, si le spectacle avait commencé ou non, si l’intervention était prévue, bref, il n’était pas très à l’aise. Kévin non plus.

Des murs tout autour du monde

Lilian explique que le spectacle s’appelle Murs parce que depuis la chute du mur de Berlin en 1989, annoncée comme la fin des murs, et bien, force est de constater qu’il y en a de plus en plus, en les mettant bout à bout, on fait le tour du monde. Paradoxe précise la professeure de français.

Le spectacle est plein d’histoires, avec beaucoup d’humour et surtout, c’est très touchant. Grâce à ce spectacle, Adam a appris beaucoup de choses sur les murs séparatistes. Il a surtout  appris qu’il y en a énormément. Le spectacle parle de murs célèbres  et insiste sur leur longueur : 42 000 kilomètres de murs. Matthias fait remarquer qu’ils séparent les gens, pas le commerce, notamment celui entre le Mexique et les Etats-Unis. Raphael note que les extraits vidéos de documentaires projetés  montrent des Américains qui veulent construire un mur entièrement en béton pour empêcher les gens de passer, les gens passent, c’est juste plus dangereux … Matthias relève que les vidéos montrent que certains murs sont gardés par des gens armés, des milices qui semblent prêtes à tirer, même si elles sont composées de femmes âgées. Tous les élèves ont aimé le mélange entre des documents historiques, les relevés de faits avérés et la fiction, c’est un peu difficile de faire la part des choses vraies et fausses, il faut suivre.

Pour Timon, Abdel Sefsaf est très attaché à sa cause. ll nous donne une vision différente des murs qui existent au XXIè siècle. Pour Kévin B,  il voudrait que tous les murs s’effondrent comme à Berlin, pour Julien, il voudrait que les réfugiés soient mieux accueillis en France. Toma Roche donne des chiffres bouleversants  surtout quand il fait une liste avec le nombre de kilomètres et le nombre de morts parmi les personnes qui tentent de franchir les murs.

Banksy dessine un chat « afin d’attirer l’attention sur les destructions commises à Gaza » car selon lui « sur internet, les gens ne regardent que les photos de chats. »

 

Dans le spectacle, il est question de la parole des artistes au sujet des murs. La réponse de Bansky sur les murs de la Palestine touche Matthias.

Murs peints par Bansky

Murs peints par Bansky

Jason, lui, estime que le spectacle est très dénonciateur et éducatif, qu’il va mettre une grande claque à certains préjugés et ouvrir les yeux des sceptiques sur les réalités humaines derrière les murs. Eric est gêné par le discours engagé, cela le met mal à l’aise.

Des saynètes qui montrent des tensions de toutes sortes, des frontières même à l’intérieur des maisons.

Jason a beaucoup aimé pouvoir retrouver des conversations qui pourraient avoir lieu autour de lui, que tous ont vécues  en observant les parents. Les conversations sont simples alors que les sujets sont parfois compliqués pour les gens. Dans la pièce, il y a une conversation entre un mari musulman et sa femme qui est juive. En fait, ce n’est pas un problème dans leur vie. Sauf que là, leur fils est un âge de faire la bar mitzvah et la femme veut qu’il la fasse alors que le mari veut que le garçon attende d’avoir dix-huit ans pour décider lui-même. Bref, ils ne sont plus d’accord sur l’âge de la majorité pour cause de grands-mères ….banal et parfois stressant à table et pas uniquement sur scène. Bastien trouve très bien la manière dont le spectacle parle des tensions que la religion peut entrainer même chez des gens pour qui ce n’est pas normalement un sujet de dispute. Loris fait tout de même remarquer que ce n’est pas si banal de se disputer par internet quand on est en couple et que c’est signe d’une vive tension. Il a trouvé la scène assez drôle.

Murs est une pièce de théâtre musical.

Photographie de Bruno Amsellem

Photographie de Bruno Amsellem

Il y a beaucoup de musique dans le spectacle, et des chansons qui ont été écrites par Abdel Sefsaf et Jérôme Richer, ça a dû demander beaucoup de travail. Adam a trouvé les chansons bien même si ce n’est pas son style de musique.  Elles étaient très entrainantes, prenantes, il y avait beaucoup d’émotions dans les paroles. Morgane trouve qu’elles ravissent le spectateur et le mettent à l’aise.

Les styles étaient variés parce que certaines chansons étaient en RAP et d’autres  avaient des intonations de musique Berbère. Kevin a relevé du slam et que les instruments viennent d’horizons différents  puisqu’il y avait un piano électrique, un djembé et une guitare.  Julien ajoute une table de DJ et des ordinateurs portables. Raphael a remarqué que les chansons étaient adaptées avec les zones, il y a des paroles en espagnol, en allemand aussi. Timon a trouvé le spectacle rythmé grâce aux chansons et a trouvé que les chorégraphies et les comédiens sont parfaits. Matthias explique que la musique redonne un peu d’énergie après des passages déprimants. Les chansons mettent de l’émotion. Iliès a beaucoup aimé la chanson « Il faut partir ou bien mourir », elle l’a beaucoup touché parce que c’est des choix terribles.

Vous pouvez  écouter trois chansons en cliquant ici : http://www.croix-rousse.com/saison/spectacles/Murs

Les émotions

Bastien trouve qu’il n’y a pas que la musique qui fasse naitre des émotions, les vidéos, les décors, la lumière participent aux moments dramatiques comme au moment plus joyeux, d’espérance. Il a aimé que le spectacle utilise plusieurs procédés l’humour comme le dramatique pour faire comprendre les idées des auteurs. Il estime qu’en plus, le spectateur reste libre de son interprétation.

A la fin, le décor est couvert de bandes de plastique. Matthias a vu un mur se créer entre les instruments. Kevin B a pensé à l’eau dans laquelle se noient les migrants, ou au linceul dont on recouvre les morts. Julien a remarqué une chaise roulante qui renvoie aux blessés.

Le bord de scène

Après le spectacle, nous avons eu la chance d’assister au bord de scène, c’est le moment où le public peut poser des questions, toutes les questions qu’il voulait. Elles étaient très variées. Il y a eu une question sur les décors. Les gens se sont demandés pourquoi la compagnie avait eu l’idée de travailler sur le thème des murs. D’autres personnes ont posé des questions sur le choix des musiques et voulaient savoir qui avait écrit les paroles. D’autres encore ont posé la question du temps de répétition avant la création du spectacle, c’est court quatre semaines pour un travail pareil ! Ayrton se souvient qu’il a fallu plus d’un an pour concevoir en amont le spectacle.

L’avis des journalistes de la gazette

Morgane trouve que le spectacle apaise les rancunes grâce aux chansons et à l’humour.

Loris a trouvé le spectacle original parce que l’alternance des scènes et des chansons n’est pas courante dans le théâtre « conventionnel ». Les élèves sont tous d’accord pour dire que jouer et chanter n’est pas donné à tout le monde et que les comédiens sont forts.

Un élève a détesté les sièges du théâtre, il n’a pas pu caser ses jambes (trop longues même si elles sont magnifiques) et a souffert le martyre. En plus, il a eu la sensation d’un « bourrage de crâne » parce qu’il n’est pas d’accord avec le spectacle.  Il trouve que la France doit s’occuper de sa propre population, être capable de la loger, de la nourrir, de développer les emplois et les solidarités avant de s’occuper des autres. Un autre élève trouve qu’on ne parle plus que de religion et de migrants et cela le « saoûle » (dérange). Par contre, le même élève a trouvé très bien qu’Abdel Sefsaf fasse la différence entre migrants et réfugiés, il est bien d’accord que c’est pas du tout la même chose, on migre souvent pour le travail et on se réfugie pour sauver sa vie. Il conclut que s’il n’a pas aimé le spectacle, le voir lui a donné une ouverture d’esprit et un éclairage sur ce qui se passe dans le monde.

Ayrton n’a pas beaucoup aimé parce qu’il a trouvé difficile de suivre l’histoire entre les scènes  jouées et les chansons. Par contre, il a aimé les moments  qui parlaient des murs, c’était intéressant.

Timon trouve que le spectacle s’adresse à tous les publics, des plus jeunes aux plus âgés. Lilian s’est rendu compte avec l’histoire de tous ces murs que les hommes font tout pour être séparés et finir seuls.

Eric a aimé voir une comédie musicale et a aimé les vidéos mais n’a pas aimé le thème, peut-être parce qu’il n’a pas l’habitude de ce genre de spectacle, il préfèrerait aller voir le Djamel  Comedy Club.

Adam a trouvé le spectacle très bien et tout le monde très bien : Abdel Sefsaf, Jérôme Richer, Marion Guerrero, Toma Roche,  Nestor Kéa …… tout le monde, même ceux dont il n’a pas trouvé les noms. Pour Jason, en bref, Noir, Blanc, Beur, peuvent aussi faire tomber les murs en allant voir ce spectacle réjouissant qui fait réfléchir les petits et les grands. Pour Valentin, le message est bien passé, la pièce lui a beaucoup plu, il voudrait bien que le message passe à Calais. Loris est parfaitement d’accord, pour lui, la pièce était enrichissante et on apprend beaucoup de choses, il a vraiment apprécié et il reviendra, le spectacle était « trop bien ».

Faites le mur, un film réalisé par Bansky

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BANSKY, Guerre et spray, Editions alternatives

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